Exemple d'un garçon 7 vu par sa mère 5 alpha

Bonjour à tous,

Si l’Enné-agora n’avait pas fermé, j’y aurais posté le message suivant. Je l’ai écrit en Janvier 2019. Je viens de découvrir ce forum et en profite donc pour partager mon texte. Pour des raisons de confidentialité, j’ai volontairement changé le prénom de mon fils.

Les neufs premiers mois de Mathieu ont été très sereins. Mon fils était calme, facile, souriant. Il a fait ses nuits rapidement et se nourrissait bien. Je n’ai pas éprouvé la nécessité de rechercher son type. Bêtement, je m’étais dit qu’il serait peut-être de type 9 , comme son père, selon l’idée que l’on retrouve parfois de grande lignées de 9 de père en fils. Parfois je me disais « hé bien s’il est 9 , on voit bien son instinct de conservation « appétit ! ».

Le déclic sur son probable type s’est produit alors que je lisais l’analyse du film Gaspard va au mariage . Mathieu avait neufs mois et demi. Cette phrase m’a déclenché l’insight : « Il y a peu de gens qui ont été aimés, dorlotés, choyés, chouchoutés autant que moi. J’imagine que je l’ai cherché, que je le voulais plus que tout. »

La rétrospective de ses neufs premiers mois de vie à la lumière de l’ennéatype 7 :

Gloutonnerie

La vérification de mon pressentiment a été facile. La passion d’intempérance / gloutonnerie avait été là dès le début.

J’avais souhaité allaité mon fils, et selon le principe de l’allaitement à la demande. Et c’était simple, car mon bébé ne pleurait quasi exclusivement que lorsqu’il avait faim. Il venait de naître, il était en BEIGE et il était évident que mon rôle était de répondre à ses besoins physiologiques. Je procédais ainsi sans trop me poser de questions. Les réactions de mon entourage ont été rapides : Sage-femme, médecins me disait par exemple : « Il a deux mois maintenant. Vous l’allaitez six à huit fois par jour ? ». Je répondais « Oula non, c’est plutôt douze à dix-sept ,fois par jour ! » « Quoi ! mais vous devez être crevé, il faut espacer les tétées ! ». Bien sûr, j’ai eu droit également aux remarques de mes mère / belle-mère « Mais pourquoi tu te précipites pour lui donner à manger quand il pleure ? Prends ton temps ». « Quoi ? Tu lui redonnes déjà à manger ? Mais attends au moins 1h30 il faut qu’il digère ! ».

J’aurais pu alors, à la manière de mon type 5 , me lancer dans un traité, et expliquer selon l’étude machin, les enfants allaités à la demande développent de meilleures capacités intellectuelles que les enfants allaités à heures fixes. Mais avec l’aide de Mathieu j’ai élaboré une stratégie bien plus efficace. Je répondais « Oui ok je vais attendre. Tiens, tu veux le prendre dans tes bras ? ». En général au bout de dix secondes, la personne revenait affolée : « En fait je crois que tu as raison, il a faim ! » car Mathieu montait très rapidement dans un crescendo de pleure et de cris, qui était apaisée immédiatement par le fait de manger.

Une fois par semaine, je m’absentais pour mon cours de Feldenkrais, et son papa lui donnait un biberon de mon lait. Voulant bien faire, il s’était renseigné sur internet, où il avait lu qu’il ne fallait pas le donner trop rapidement car le débit était plus important qu’au sein. L’idéal était de le donner en vingt minutes. C’était l’enfer pour lui. Mathieu hurlait pendant vingt minutes. Un jour je lui ai dis d’arrêter de se prendre la tête et de lui donner aussi rapidement que Mathieu le souhait : Résultat, les biberons étaient dégommés en moins de trente secondes.

J’allais reprendre le travail, et il fallut chercher un système de garde pour mon fils. J’ai rencontré deux nounous, et cela m’a complètement angoissée de façons irrationnelle. « Non c’est impossible ! Dans ce salon minuscule et tristounet, il va déprimer ! » Ou encore « Non, trop de rigidité dans cette famille religieuse, il ne sera pas bien vu ! ». J’avais conclu ne pas avoir confiance dans un système de garde non collectif. Mais avais-je senti intuitivement son ennéatype ? Je n’en ai pas dormi d’angoisse pendant trois jours, jusqu’à ce que je me reprenne en main par des exercices de développement, qui m’ont miraculeusement permis de trouver une place dans une maison d’assistantes maternelles. Les locaux étaient beaux et grands, plein de jeux et surtout les nounous étaient de vrais modèles d’optimisme et d’entrepreneuriat. Avec le recul je pense que cet établissement est de culture 7 (pour diverses raisons, pas l’objet de ce message). J’étais soulagée, c’était parfait pour Mathieu.

Je m’étais renseigner sur internet, pour avoir une idée de la quantité de lait maternel à fournir aux nounous : un bébé de l’âge de mon fils était censé boire en moyenne 30 ml de lait maternel par heure de garde. En réalité, Mathieu en buvait deux fois plus. Les nounous m’ont déclaré avoir « rarement vu un bébé déglutir ses biberons aussi vite ». Le jour où elles m’ont annoncée fièrement qu’il avait bu 600 ml dans la journée… J’ai su que l’allaitement exclusif n’en avait plus pour longtemps ! Et à ses six mois j’ai arrêté. Il est redevenu plus raisonnable sur les quantités de lait en poudre, mais en buvant toujours très vite.

Centre mental préféré / intempérance

Le centre mental préféré était facile à voir à posteriori. Nombre de fois Grands-parents, nounou, etc. nous on dit qu’il était très curieux. Mais cette curiosité était assez volatile, sautant d’un objet à l’autre. Cette curiosité avait parfois un côté insatiable, sans cesse il me fallait lui présenter de nouveaux objets du quotidien pour la satisfaire. Au point que je m’en inquiète en vacances lorsqu’il avait quatre mois : j’avais commencé à me renseigner sur les troubles de l’attention chez les bébés. A l’époque, le lien avec l’ennéagramme et le type 7 ne m’avaient pas effleuré l’esprit une seule seconde.

Par contre, une fois le pressentiment du type 7 apparut, j’ai tout de suite faire le lien. Quelque jours plus tard par exemple, au cours du goûter de Noël de la crèche, un parent demandait à la nounou, sur quel critère les enfants étaient affectés aux groupes des « petits », « moyens » ou « grands ». Elle a répondu que ça dépendait de leur rythme, en illustrant avec Mathieu qui allait sûrement passer « Très très vite » dans les groupes suivants, car il était « très curieux, il voulait tout découvrir et très rapidement ! ». A ce moment-là j’ai vacillé, car l’hypothèse 7 m’est revenue dans la figure.

Voici un petit topo que j’ai écrit le 07/03/2020.

Mental dispersé

Mathieu va avoir un an. Je pense toujours qu’il est de type 7 . Je m’inquiète un peu pour son mental dispersé . Mathieu tend les bras vers nous en disant " ah-ah ", ca veut dire " prenez moi dans les bras ". Ensuite il tend les bras vers la machine à café en disant " ah-ah ", ca veut dire " emmenez moi vers la machine à café ". Il joue avec les boutons. Mais très vite, il voit un autre objet qui l’intéresse. Alors il tend les bras vers cet objet en disant " ah-ah ". Le manège continue ainsi de suite, nous faisons une " visite guidée " de l’appartement, d’un objet électroménager à l’autre, d’un interrupteur à l’autre, d’une plante verte à l’autre. Il appuie sur les boutons, s’intéresse, puis change d’objet d’attention.

Mon fils a quinze mois maintenant, et rien ne m’a laissé pensé qu’il était d’un autre type depuis. Je penche en faveur d’une variante alpha, à confirmer. Concernant la joie et l’optimisme, je note un enfant souriant, rigolard. L’autre jour les nounous m’ont rapportées qu’il aimait bien faire des farces aux autres enfants, comme leur retirer leur tétine ou leur mettre ses doigts dans leur nez. Je note aussi qu’il a horreur d’être contraint. Ce qui est très compliqué pour tout le monde lorsqu’il s’agit de l’habiller ou de lui changer une couche. A moins…de trouver un objet inédit qui va l’intéresser et focaliser son attention.

Ayant été élevé dans une famille très dysfonctionnelle, avec un père 7 alpha très désintégré, et un frère 7 mu bipolaire (je précise qu’il s’agit d’un vrai diagnostic médical posé par des professionnels), j’ai toujours un fond d’appréhension que mon fils ait hérité des « mauvais gênes ». Je sais qu’on ne peut pas espérer être un parent parfait, et je souhaite juste être un parent acceptable et créer des conditions de vie qui feront que mon fils ne tombera pas dans la pathologie. En particulier, j’appréhende la période ROUGE dont on dit qu’elle est très difficile avec les enfants 7 . J’ai essayé de lister les 7 que je connaissait avec un niveau ROUGE sain, pour avoir des contres-références, mais je n’en ai pas trouvé des quantités folles. Je me demande même si mon fils n’a pas démarré cette phase. Il ne parle pas donc il ne sait pas dire « non », mais il souffle en faisant « pfouuu » pour dire non à nos propositions plusieurs fois par jour.

Ajouter à cela que le 7 est déconnecté de sa figure maternelle, et que mon ennéatype fait que je ne suis pas un modèle de figure nourricière. Accessoirement je me désintègre en 7 et quand j’ai le « mental dispersé » c’est que je ne vais pas bien du tout.

Des mamans (ou autre type de figure nourricière) d’enfant 7 dans la salle pour me raconter leur expérience et me conseiller, notamment vis à vis du passage en ROUGE ? Avez-vous réussi à lâcher prise vis à vis du fait que votre fils pouvait estimer de pas pouvoir compter sur vous pour satisfaire ses besoins ?

Très amicalement

Claire

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Bonjour à tous,

Et bonjour à toi @Claire5, sois la bienvenue sur ce forum :slightly_smiling_face:

Il se trouve que j’ai moi aussi un fils 7, seulement le mien aura bientôt 21 ans.

Petit il était curieux, astucieux, charmeur, intelligent et manipulateur aussi. Demandeur de beaucoup d’attention, sans aucun doute. Plein d’énergie aussi, essentiellement lorsqu’il s’agissait de s’amuser, et pourtant il est mu.

Ce que je retiens le plus de son enfance c’est sa très petite tolérance à la frustration. C’est d’ailleurs très difficile pour lui encore aujourd’hui :sweat_smile:

Je me souviens d’une anecdote. Nous étions à table mon mari et moi, deux assiettes de pâtes bolognaise devant nous. Mon fils lui venait de finir son biberon allongé dans son transat. Il nous regardait avec grand intérêt. Ne sachant pas encore parler, il grognait, gémissait, se tortillait dans son transat, ses petits bras tendus vers nous. Jusqu’à ce que je comprenne qu’en fait il était intéressé par nos assiettes. A cette époque nous le faisions passer doucement du régime liquide au régime solide.
Le voyant s’agiter de plus en plus, je me suis dit qu’un peu de pâtes bolognaise, si elles étaient hachées finement, ne lui ferait pas de mal. C’était sans tenir compte de sa gloutonnerie… Il a avalé tellement vite ce que je lui donnais, qu’au bout de quelques bouchées il a tout vomi… pour aussitôt après recommencer son petit manège !

Il a déployé une énergie folle, pas forcément physique, pour essayer de repousser au maximum les limites que nous voulions lui imposer. Pour deux parents 6 c’est dur :grimacing:

Je te confirme que chez lui la période CP-Rouge a été effectivement très marquée. Il a d’ailleurs toujours un CP-Rouge très fort.

Comme toi j’ai très vite remarqué que son attention était facilement distraite, et j’ai régulièrement détourné son attention, par d’autres plaisirs.

J’ai aussi pris l’habitude de lui annoncer que l’activité plaisante du moment allait prendre fin avant que l’on cesse l’activité en question et de donner une perspective positive si possible à la fin de l’activité. Par exemple, on va partir du parc mais une fois arrivé à la maison on va faire un gâteau.

Rétrospectivement, maintenant que je connais l’ennéagramme, je réalise que je l’ai beaucoup frustré… quelque fois sans raison :worried:

Tu connais l’ennéagramme, c’est une grand avantage, sers-t-en.

On ne peut pas leur laisser tout faire, mais les petits 7 ont besoin de liberté, c’est important pour eux. Liberté mais aussi présence et réassurance. C’est une équilibre délicat à trouver.

Etant une mentale, je lui ai beaucoup expliqué les choses. Je lui ai aussi beaucoup parlé de ce que les autres pouvaient ressentir, de ce que moi je pouvais ressentir et du pourquoi de mes demandes. Ce sont des mentaux, ils ont besoin de comprendre.

Si j’avais un conseil à te donner c’est de relativiser. Et quoi qu’il en soit de le faire avec beaucoup d’amour et en expliquant les choses.

Comme dit Fabien :

… le 7 ROUGE, c’est pas de la tarte. Il va falloir conjuguer beaucoup d’amour et beaucoup de fermeté, ce qui n’est pas si simple que cela.

Tu es une habituée de l’Enné-agora peut-être connais-tu cette conversation:

Aurolaf y donne pas mal de conseil et notamment :

  • Expliquer à l’enfant …
  • Lui proposer des alternatives
  • Affirmer son amour pour lui et lui dire ce que l’on fait
  • Le rassurer

Et puis… c’est aussi ok de faire des erreurs. :slightly_smiling_face:

Je connais au moins un autre participant de ce forum qui a un enfant 7, tu devrais donc avoir prochainement d’autres témoignages.

Très amicalement,

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J’ai une fille 7 de 15ans.
Malheureusement:

  • je ne connaissais pas encore l’Enneagramme quand elle était petite
  • difficile pour moi d’observer rétrospectivement sa petite enfance: j’ai complètement oublié ces détails (étant 9, ça n’aide pas…). Je crois juste me souvenir que c’était un bébé « facile » et « agréable » (j’ai un souvenir plus difficile de sa soeur 8 :wink: ).
  • je ne suis probablement pas sa figure nourricière… ?

Cela étant écrit, je suis assez cool comme papa (oui, il y a de l’égo dans cette affirmation :wink: ). Je l’ai toujours laissée plutôt libre. Aujourd’hui, c’est une jeune ado: elle passe son temps dans son lit et sur son téléphone. J’ai beaucoup de mal à la faire bouger ou faire autre chose. Je pense quand même que c’est une 7alpha: quand elle fait quelque chose qui lui plait, elle y met une énergie assez caractéristique. C’est très agréable de la voir grandir.

Elle a bien intégré que je la laissais tranquille tant qu’elle respectait certaines règles:

  • je ne veux pas de problème à l’école => son mental est très efficace pour ça, elle a de très bon résultats sans trop travailler. Je ne cherche pas à la pousser à plus, ça fait partie du deal.
  • quand je lui demande quelque chose d’important, elle fait la distinction entre ce qui est négociable (si elle n’a pas envie, je n’insiste pas) et ce qui est non négociable (dans les cas où J’AI décidé, point). J’essaye d’être assez équilibré entre ces 2 cas.

Dans le cas particulier où je ne lui laisse pas le choix, elle est obligée de gérer sa frustration; je me délecte à chaque fois de ses rationalisations qui lui permettent de positiver la situation. Je trouve ça très sain à son âge de voir que son égo est bien fonctionnel et à sa place. Ce n’est pas encore l’âge de travailler dessus. Je pars du principe que la base est un égo qui marche bien. Elle sera bien à temps de travailler « verticalement » plus tard si cela l’intéresse…

@Claire5: en te lisant j’ai pensé au 4e accord Toltèques. Je te souhaite de continuer à « faire de ton mieux » et tout ira bien ! :heart:

Bonjour Lighyli !

C’est amusant, car d’après ta phrase on pourrait plutôt penser à une variante mu…

Mon fils est 7 mu et les seuls moments où il est susceptible de déployer un belle énergie c’est justement lorsqu’il s’agit de se faire plaisir.

Les 7 sont des personnalités charismatiques et énergétiques, mais énergétique ne veut pas forcément dire énergie du centre instinctif. C’est ce qui m’a longtemps fait hésiter. Mais chez mon fils, on sent bien l’émotionnel derrière au service du mental tourné vers les plaisirs. Les concrétisations sont rares. C’est plus des délires joyeux et une grande ébullition intérieure.

Ce qui m’a bien aidée à déterminer sa variante c’est son type de désintégration, le 5. Il a traversé une vrai crise lors de l’adolescence et du coup la désintégration en 5 était extrêmement visible. Il restait dans sa chambre en permanence… me parlait de son ressenti de vide intérieur. Ça a été terrible pour lui.

Aujourd’hui il va beaucoup mieux :relaxed:

Oh que oui, j’ai regretté plus d’une fois de ne pas les avoir notées. La créativité du 7 s’exerce à plein même là :upside_down_face:

Tout à fait d’accord avec toi @Lighyli.

Très amicalement,

Au début, j’ai émis l’hypothèse qu’elle puisse être 7 mu.
Mais à l’inverse de ton fils, je constate de belles désintégration en 1 et aucune trace de 5
Elle déploie toujours une énergie importante dans tout ce qu’elle fait (quand elle se décide!). Même les périodes vautrées dans son lit sont « actives » au moins mentalement et préparent des sorties avec ses copines, des gâteaux à faire, des maquillages à réaliser, des vidéos, etc… Elle fait même du crossfit toutes les semaines pour garder la ligne (à 15ans… :roll_eyes:)
Elle a clairement une tendance au perfectionnisme sur certains sujets… et elle en a conscience et elle en parle en rigolant! (ça reste un perfectionnisme beaucoup plus light que du perfectionnisme de 1).

Lighyli.

Bonjour à tous,

Merci @Lighyli pour ces précisions, je comprends mieux maintenant :slightly_smiling_face:

Voilà une jolie illustration des différences entre les variantes alpha et mu d’un même ennéatype et de l’incidence que cela a sur l’expression de l’ennéatype. Tiens, cela me fait penser à cette conversation.

Très amicalement,

Bonjour à tous,

Merci @Alice-et-le-lapin et @Lighyli pour vos retours.

J’en conclus que vos enfants 7 ne sont pas devenus délinquants, ne sont pas tombés dans la drogue ou n’ont pas développé de psychose. Ça a le mérite de me rassurer, même si je pense que j’aurais besoin encore de davantage de récit de ce genre pour contre balancer ce que j’ai vécu dans ma jeunesse.

Je te rejoints, idem pour celui que j’ai à la maison. Ça rejoint la théorie de Richard K. Moore, vue en stage Connexion. Ce qui me frappe c’est de constater - en ce qui me concerne - à quel point je suis Parent réactif. A la fois parce que c’est quelque chose que je n’aurais pas imaginé a priori (j’ai toujours un peu de mépris pour ce que je juge être des « maman poule »), - c’est peut-être pour cela d’ailleurs que c’est la phrase du film Gaspard va au mariage que je citais en introduction qui m’a fait un insight sur le type de mon fils - mais aussi parce que je trouve ça dingue de voir à quel point la personnalité de l’enfant conditionne la réaction du parent.

Il y a beaucoup d’enfants en bas âge dans mon entourage en ce moment, et je suis frappée de constater à quel point leurs personnalités sont parfois diamétralement opposées à celle de Mathieu, alors qu’ils ont parfois à peine un an. J’ai par exemple des amis qui ont un enfant très casanier, qui s’emmerde et tire la gueule dans sa poussette, mais qui est tout content quand il rentre chez lui. Mathieu c’est tout l’inverse, en poussette, depuis tout petit, il ne sait plus où donner de la tête tellement il y a des choses à regarder qui l’interroge. Maintenant, tous les jours il me fait comprendre qu’il veut sortir dehors, en appelant, en essayant de mettre ses chaussures, ou en poussant dans la porte d’entrée avec son vélo. Mes amis me racontaient l’autre jour qu’ils avaient « oublié » leur petit de sept mois dans le salon et qu’il avait donc passé la nuit à dormir sur le tapis. Ils s’en étaient rendu compte le lendemain matin. J’étais d’autant plus choquée que cette situation m’aurait semblé inimaginable avec Mathieu. Peut-être une relation Enfant Neutre - Parent Actif en ce qui concerne l’enfant de mes amis…

Oui bien sûr! J’ai eu l’occasion de la relire ces derniers temps, je la trouve passionnante.

Dernières anecdotes en date, concernant la nourriture :

  • Ce weekend, la tata de Mathieu lui a dit, alors qu’il tenait une fraise dans une main et une petite cuillère dans l’autre, tentant d’attraper un morceau de tarte à l’abricot : « Tu sais Mathieu, tu n’as qu’une seule bouche. »

  • Hier Mathieu a débuté les repas solides confectionnés à la garderie. La nounou m’a dit qu’il mangeait plus que les grands! Et aujourd’hui que c’était un vrai plaisir de lui donner à manger car il avait l’air d’adorer toutes ses nouvelles saveurs.

Très amicalement,
Claire

Bonjour à tous, bonjour Claire,

Tout d’abord je suis désolée que tu aies subi ce traumatisme, vivre dans une famille dysfonctionnelle est certainement une grande souffrance et générateur de blessures. Comme quoi on peut se relever de beaucoup de choses… la résilience humaine est étonnante !

Les 7 sont des aventuriers, ils aiment explorer et expérimenter. En tout cas c’est l’expérience que j’en ai. Alors oui j’ai eu droit à quelques sueurs froides. Cependant on peut faire confiance à un 7 pour essayer d’éviter ce qui le fait trop souffrir, sauf très grosse désintégration.

A cet égard je citerais Edgar Morin dans sa préface à « La méthode. I », (2008, p.11)[1]. Il raconte la genèse de cette oeuvre et forcément en bon 7 ses expériences diverses et variées. Les voyages, les femmes et la nourriture y tiennent un grande place. Mais pas que.

Mon ami m’offrit même de la poudre blanche qui, effectivement, m’exaltait et me faisait travailler tard dans la nuit, mais me brûlait les narines. J’arrêtai d’en prendre avant toute dépendance.

Voilà qui pour moi est très parlant :slightly_smiling_face:

Pour être totalement transparente, même si je ne suis pas au courant de tout, je sais que mon fils a fait les 400 coups. Il a expérimenté toutes sortes de choses, en douce, puisque nous le lui interdisions. J’en ai souffert, je ne peux pas le nier. Pourtant par sa recherche intensive d’indépendance, de liberté, il m’a obligée à faire le deuil de l’objet « Fils » et à le voir lui pour ce qu’il est. C’est peut-être le plus grand défi que j’ai relevé en tant que parent. Mon fils m’a obligée à faire ce travail (et de ça je lui suis reconnaissante), l’ennéagramme m’y a aidée.

L’expérience que j’en ai c’est qu’il compte sur moi pour satisfaire ses besoins, mais qu’il estime que ce n’est jamais assez. Apprendre que cet enfant pour qui je me plie en quatre (je suis de sous-type « devoir » et ma loyauté s’exerce à plein envers lui), peut me ressentir profondément comme négligente … :pleading_face:, a été dur. Pourtant oui, j’ai lâché prise sur ce point, comme sur d’autres.
Cet enfant a grandi… et il est toujours 7 :upside_down_face: mais aujourd’hui je peux échanger avec lui sur des sujets profonds sans qu’il parte en courant. Et c’est un bonheur. Il commence même à prendre conscience de certains de ses fonctionnements.

En dehors de ça, j’ai quelque fois le plaisir de recevoir de sa part des sms du type « Mamaaaan je t’aime », comme ça, sans raison. Et ça me fait tellement plaisir. J’ai même eu droit à un « Tu as toujours été mon soutien émotionnel » par sms dernièrement :heartpulse: et je précise, pas de demande derrière :sweat_smile:

Oui je le constate aussi, c’est l’enfant qui fait le parent.

Ton fils n’a que 15 mois je crois, alors profites !

Très amicalement,


  1. Morin, Edgar (2008). La méthode. I. Paris : Editions du Seuil. ↩︎

Bonsoir Claire et Alice,

Je me permets d’intervenir en tant qu’enfant 7 (bon maintenant papa depuis 20 ans) pour vous parler de mon ressenti de 7 par rapport à ma maman lorsque j’étais enfant .

Pour ma part le ressenti que j’ai eu, enfant, mais que je n’ai pu verbaliser qu’adulte, avec la connaissance de l’ennéagramme, n’est pas « de ne pas pouvoir compter sur ma maman » ou « la ressentir comme négligente » mais plutôt trouver parfois ses comportements incohérents, incompréhensibles dans ma vision du monde. Je ressentais bien qu’il y avait des moments où elle était proche de moi (tu parles, une maman 2…) et qu’elle cherchait à me faire plaisir. Et là tout allait bien, comme si un adulte qui me comprenait, prenait en même tant soin de moi et m’aidait à découvrir le monde et à grandir.
Mais il y avait aussi ces moments ou tout d’un coup, la joie, le plaisir s’arrêtaient net sur un code, un diktat, que les adultes avaient inventé et qui semblait très important, ou terrifiant pour eux, mais qu’on ne prenait pas la peine de m’expliquer comme j’en aurais eu besoin, mentalement, en m’expliquant la logique de la situation… Alors la vie devenait bizarre ou déplaisante sans que je sache pourquoi. Comme si elle manquait de congruence.
Et je me souviens parfaitement me dire à ses moments là « çà y est, çà bascule, il va falloir que tu te débrouilles tout seul pour être heureux maintenant. » Et là, mon imagination m’aidait à m’échapper de ce monde incompréhensible, j’y laissais ma maman, et tous ceux qui devaient se soumettre à ces tristes règles, pour m’inventer un monde fantastique ou je pouvais continuer à être heureux. Je savais que cela passerait, et que ma maman redeviendrait sympa plus tard, mais j’apprenais en même temps que je ne pouvais pas toujours me fier à elle.
En écrivant cela , je me rends compte que çà a été un formidable cadeau de la vie. Car au lieu de mimer mes comportements sur ceux qui s’offraient à moi, j’avais la liberté (tu parles encore, j’avais mes automatismes de 7 déjà oui…) de pouvoir y échapper et d’apprendre à devenir moi-même.
Avec le temps j’ai appris à reconnaître ce que ma maman pouvait m’apporter dans la vie, et ce que je devrais apprendre seul. Le problème avec ma maman 2 est qu’elle voulait être le centre de mon monde, et qu’il fallait que je mobilise des trésors d’ingéniosité pour avoir accès à des expériences qu’elle ne pouvait pas m’apporter.
Je crois que ce qui a été important pour moi est de savoir que ma maman était là comme un repère bienveillant dans la vie de tous les jours , ou quand cette vie devenait grise, mais aussi que je pouvais faire des expériences sans elle, et m’en éloigner pour satisfaire mon goût des choses nouvelles.
Ne voyez donc pas ce rôle limitant de la maman dans l’oeil de son 7 de fils, comme une faiblesse, mais plutôt comme un cadeau qui va donner à ce fils un peu de liberté pour pouvoir découvrir le monde tel qu’il est, et non seulement à travers le filtre de votre propre personnalité, qui, pour géniale qu’elle soit, ne reste quand même, aux yeux d’un 7, qu’une partie des personnalités existant dans ce monde. Et le 7 a soif de connaître toutes ces autres parties…pour mieux se connaitre lui-même et pour tracer son chemin dans ce qu’il croit être le meilleur pour lui-même.

bien amicalement.

Siete

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Bonjour à tous,

Merci @Siete7mu pour ton partage, il m’a ému. il fait écho à des échanges que j’ai eu avec mon fils. Échanges que j’ai vite fait d’oublier, trop gênants certainement.

C’est tout à fait ça.

A l’occasion de son déménagement, alors que je l’aidais à faire ses cartons, nous avons trouvé son journal intime (Il a commencé à y écrire très jeune, 5/6 ans). Et en le feuilletant nous sommes tombés sur ces deux passages :


[Transcription : Triste. Ce soir mon petit frère a pleuré, ma mère c’est fâchée. Après elle est devenue gentille.]

Et puis…


[Transcription : Maman il faut la calmer, et pour la calmer il faut écouter tout ce qu’elle dit.]

Sur le coup nous en avons beaucoup ri, mais rapidement j’ai ri jaune et j’ai été émue. Mon fils m’a expliqué qu’effectivement enfant il me percevait comme incohérente, il ne comprenait pas ce qui motivait mes comportements et avait peur de ce qu’il percevait comme des changements d’humeur qui n’avaient aucune base logique.

Jeune adulte il a cependant aussi exprimé la déconnexion ressentie d’avec la figure nourricière, ce que Don Richard Riso et Russ Hudson appellent l’orientation parentale du 7, dans leur livre « Personality types »[1]. Part II, Chapter 9. Je cite :

As young children, sevens are disconnected to the nurturing-figure… They did not feel bonded with their nurturing-figure. They did not feel that the person was a safe and consistent source of nurturance. For a wide variety of possible reasons, sevens felt frustrated by their nurturing figures : they did not feel that they could depend on getting what they needed from them. As a result, sevens try to comprensate for the nurturance they feel did not receive by getting things for themselves… Thus for whatever reasons, the fear of deprivation becomes the fundamental motivation for this personality type.

Traduction :

En tant que jeunes enfants, les 7 sont déconnectés de leur figure nourricière… Ils ne se sentent pas reliés à leur figure nourricière. Ils ne pensent pas que cette personne est une source sûre et cohérente de soutien. Pour tout un tas de raisons possibles, les 7 se sentent frustrés par leurs figures nourricières : ils ne pensent pas qu’ils peuvent compter sur elles pour obtenir ce dont ils ont besoin. En conséquence, les 7 essaient de compenser le soutien qu’ils on ressenti comme n’ayant pas été reçu en obtenant les choses par eux-mêmes… Ainsi quel qu’en soit la raison, la peur de la privation devient la motivation fondamentale de ce type de personnalité

On retrouve bien la notion de manque de cohérence, mais aussi celle de manque de soutien et de privation.

Merci encore Siete pour ton témoignage, dans une relation il y a deux points de vue, merci d’avoir partager avec nous celui d’un enfant 7 :heartpulse:

Très amicalement,


  1. Riso, Don Richard et Hudson, Russ (1996). Personality types : using the enneagram for self-discovery. Version kindle. ↩︎

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Quelle richesse de vous lire !! Merci à tous! :smiling_face_with_three_hearts:

Ce matin, ma petite 7 m’a bien fait rire. Je vous partage ce moment.

11h, mes 2 filles dorment, je vais à la salle de bain.
Quand je reviens 20mn plus tard, je les découvre au petit déjeuner en train de discuter dans une bonne ambiance très légère et drôle (j’adore les voir comme ça).
La petite (enneatype 7 / 15ans) est en train de faire rire sa soeur (probablement enneatype 6 / 20ans).
J’arrive, je leur dis bonjour et je demande avec curiosité ce qui est si joyeux :slight_smile:

Réponse de ma 7 (j’ai pris des notes tellement c’était drôle): « Là, je suis en train d’expliquer mon plan quand je vais fuguer. ». Elle raconte cela de façon à la fois sérieuse (bien qu’avec beaucoup de malice) et légère. En fait, elle raconte une histoire où elle se projète mentalement dans ce que ça ferait de fuguer! C’est purement mental !

Elle rentre dans les détails: « je fuguerai pour aller chez ma soeur » (sa soeur qui compte prendre un appartement seule à la rentrée). « ça sera un samedi soir » (je ne me souviens plus pourquoi). « ça sera une semaine où je suis chez papa » (ça sera plus « pratique » car plus prêt de chez sa soeur)… etc. elle ajoute de nombreux détails… :joy:

Elle raconte qu’elle a expliqué ça à sa mère (8) qui lui aurait répondu: « Vas-y si ça te fait plaisir ! »…

Et elle a conclu tout ça avec un « C’est une expérience à faire avant de mourir! ».

Sa soeur 6 était pliée de rire et moi, je me retenais mais j’en pensais pas moins :joy:

Dans les fait, pas une seconde je n’ai été inquiet, ni sa soeur et probablement pas plus sa mère! Nous savons tous très bien qu’elle est plutôt froussarde et pas très aventurière et que si un jour elle « fugue » réellement, on n’aura pas vraiment à s’inquiéter, elle ne sera pas loin… (ça sera au pire une ballade sans prévenir…)

Pour moi, là dedans, il y avait:

  • de l’intempérance: elle était là pour amuser la galerie et se délectait de la réaction amusée de son auditoire
  • une recherche mentale de liberté: à 15ans après 3 mois de confinement sans école, elle a besoin de prendre l’air, mais comme elle a du mal, elle l’imagine… fixation de planification
  • le style de communication « Histoire » est flagrant…
  • un lien avec son domaine/dichotomie: il doit y avoir un peu de défi à l’autorité parentale…

Et tout ça dans la bonne humeur… J’adore ma fille :heart:

Bonjour à tous,

Je trouve qu’il y a presque quelque chose de tragique à mettre en parallèle la théorie de Richard K. Moore avec celle de Don Richard Riso, Russ Hudson & Tom Markey, en ce qui concerne la figure nourricière de l’enfant 7. Je pourrais transposer ta phrase en me disant : « Moi qui met de côté mon avarice et mon détachement pour devenir un parent réactif, au final son ego ne retiendra que les moments où il n’a pas pu compter sur moi! ».

Je me souviens avoir eu une conversation à ce sujet avec Aurolaf (en 2011). A l’époque je n’étais pas du tout concernée par le sujet, et c’était très simple : De toute façon, quoi que sa figure nourricière fasse, le 7 aura cette orientation parentale, donc il n’y a pas à se prendre la tête. Facile à dire à l’époque :smile:.

Un grand merci @Siete7mu, ton message m’a beaucoup ému et beaucoup éclairé.

Merci @Alice-et-le-lapin d’avoir explicité l’orientation parental du 7, que je n’avais pas pris la peine de décrire ( :woman_facepalming: avarice sûrement). Je trouve les témoignages de ton fils que tu as retrouvé exceptionnels.

Très amicalement,
Claire

Bonsoir à tous,

J’ai ressenti un malaise certain en lisant ta réponse Alice :

Malaise qui s’est dissipé après plusieurs jours, lorsque j’ai relu ton message, correctement cette fois…Je m’explique, car je vais décrire là un automatisme que je n’avais pas ressenti depuis longtemps.

J’ai cru, à ma première lecture, que tu avais trouvé le journal intime de ton fils et que tu t’étais précipité dessus pour le lire, dans son dos, en cachette. Même plusieurs années après, cela me semblait inacceptable. Et de le photographier pour nous le faire partager, encore plus, même s’il s’agit de l’intention louable de nous éclairer sur la connaissance de son profil.
Puis en relisant ton message, j’ai lu « nous » avons trouvé…« nous » sommes tombés sur ces deux passages…Et ce n’est qu’alors que j’ai compris que ton fils et toi-même aviez décidé, d’un commun accord il me semble, de le lire ensemble. Et cela m’a rassuré.
Mais pourquoi ai-je eu une réaction si automatiquement égotique à ma première lecture?
Pourquoi cette première lecture de ton message, déformée par mon ego, m’a si fortement bouleversé?
Sans aucun doute parce qu’il faisait écho à une blessure vécue à mon adolescence, avec ma 2 de mère.

J’ai peu écrit de journaux intimes, et pour cause…J’avais pour habitude d’écrire des poèmes. Marier les mots pour décrire mes émotions avec des figures de style imposées m’amusait. Je maniais les alexandrins comme d’autres les cartes, les billes ou les soldats de plomb. J’y décrivais mon quotidien en laissant libre court à mes émotions. Celles qu’un 7 cache souvent par une pirouette ou un jeu de mot, de peur d’être moqué et d’en souffrir. Je me créais ainsi un univers personnel, propice à développer mon ressenti sur le monde qui m’entourait alors. Et je couchais là sur ce cahier, tout ce qui m’avait ému ou impressionné : un cheval de club hippique que l’on envoie sans remords à l’abattoir parce que devenu trop vieux, le sourire d’une fille qui avait fait naître des papillons dans mon coeur…Je tentais même quelques poèmes en anglais et en espagnol, les langues que j’étudiais au lycée. Bref toute ma vie émotionnelle se retrouvait dans ses écrits. Je n’étais pas régulier dans l’écriture, il fallait qu’une émotion ait été forte pour provoquer mon inspiration. Un jour, cherchant mon cahier, dans lequel je n’avais rien écrit depuis plusieurs mois, je ne le trouvais pas. Bon…j’avais dû le perdre lors d’un déménagement, tant pis, j’aurais dû être plus vigilant avec les affaires que j’aimais.
Plusieurs années après, j’avais bien grandi, je demandais à ma mère, devenu directrice d’école, si elle pouvait me donner un cahier pour une nouvelle matière que j’entamais. Ne sachant pas si je voulais un grand ou un petit cahier, fin ou épais, de telle ou telle couleur, je lui demandais de me montrer ce qu’elle avait (intempérance de 7 au passage…avoir le plus de choix possible). Elle finit par me donner la clef de son stock (dans la pièce à côté de son bureau) en me disant de choisir dans l’armoire de droite, celle où se trouvait les cahiers. J’entrai donc seul dans le stock et commençait à détailler chaque cahier, quel plaisir d’avoir autant de choix et de pouvoir sélectionner le cahier qui me plairait le plus. Je finis par trouver le cahier idéal, après les avoir tous compulsés, puis au moment de refermer l’armoire, je remarquai une pile un peu bancale, semblable aux autres, mais bancale. Ma curiosité voulu comprendre ce qui rendait cette pile bancale, aussi l’ai je déplacée pour voir ce qui, à sa base, la faisait pencher. Et là, vous avez tous deviné que j’y ai retrouvé …mon cahier de poésie! Personne d’autre que ma mère n’avait pu le placer là bien sûr. Mécontent je revins dans son bureau lui demander ce que faisait mon cahier dans son armoire, puisque c’était le mien et que je le cherchais depuis des années. Et là elle me répond, comme si elle voulait minimiser l’affaire « je ne sais pas, tu as dû le laisser trainer (tu parles, il était bien planqué sous mon matelas) ou bien tu l’as glissé avec les autres cahiers sans t’en rendre compte ».
Et là je suis resté abasourdi : ma mère mentait, et de façon grossière de surcroit, comme un enfant pris la main dans le sac! Les jours suivant je m’interrogeais bien sûr : pourquoi mère a-t-elle ressenti le besoin de mentir? J’en concluais qu’elle n’était pas à l’aise avec le vol de mon cahier. Mais pourquoi l’avait-elle volé? Pas pour me contrôler, elle ne m’en avait jamais parlé, et ne s’en était jamais servi (pour me féliciter ou se moquer par exemple). Et j’ai compris alors que son seul but avait été de connaître mes pensées intimes, et peut-être savoir aussi ce que je pensais d’elle (mais rien n’était écrit à son sujet…et oui pour un 7…figure maternelle déconnectée…).
De ce jour, la vision que j’ai eu de ma mère a changé. Non seulement elle était capable de devenir subitement incohérente, mais en plus elle pouvait atteindre à mon bonheur . Car ce vol de cahier revêtait deux aspect pour moi : tout d’abord un viol de ce que j’avais de plus intime, mes pensées (c’est pour moi et moi seul que j’écrivais, si j’avais voulu le partager je l’aurais dit ou fait) et donc une souffrance qu’il me faudrait fuir désormais en m’éloignant émotionnellement de ma mère ( je suis devenu le plus discret et le plus absent des ados vis à vis d’elle ensuite …désintégration en 5), et après, un frein inacceptable dans ma créativité, car je n’avais plus jamais écrit un seul poème après cette perte.
Perte de liberté, perte de créativité…Le choix était lumineux pour moi en tant que 7 : il me faudrait mettre à distance la personne coupable de ces souffrances, et me débrouiller par moi-même pour trouver les solutions qui me feraient grandir et avoir accès au vrai monde. Celui où je pourrai être libre, celui où je pourrai être créatif et mener de nouvelles expériences sans contrainte et sans contrôle.
Cet mésaventure, je l’ai ressentie comme si on m’avait coupé les ailes…Et depuis ce jour je n’ai plus laissé de traces écrite de quoi que soi d’important pour moi. J’ai appris des stratégies insensées pour développer ma mémoire et désormais je mémorisais ce qu’il avait y avait d’important pour moi dans le seul lieu sûr qui ne risquait pas d’être violé : mon cerveau. Aujourd’hui encore je suis à l’affût de toutes ces stratégies mnémotechniques, et je dévore les livres de Sébastien Martinez ou de Fabien Ollicart. Je les transmets même à mes enfants car j’ai cette croyance que çà pourra leur servir aussi.

Je ne pensais pas que ton message, Alice-et-le-lapin, ferait remonter de tels souvenirs, ni que j’allais y répondre. Après tout, une fois le mécanisme décortiqué, pourquoi prendre la peine de l’étaler ici? Et pourquoi prendre le risque de te blesser en l’évoquant?

Je pense que je le fais pour deux raisons.
D’abord pour m’en délivrer, car une fois la douleur réapparue autant l’expurger entièrement.
Ensuite pour offrir à Claire 5, une compréhension détaillée de ce qui peut être à l’origine d’une blessure profonde pour un 7, involontairement créée par un proche. Tu n’es pas 2 certes, mais tu es 5. Ce qui signifie que tu aimes bien avoir accès à l’information, même au besoin en allant te servir toi-même, sans penser à faire mal, mais sans demander non plus, juste pour assouvir ton besoin de connaître et de comprendre. Je le sais, mon fils est 5. Et il m’a « scotché » lorsqu’à 7 ans, il a été capable de me citer très précisément ce qu’il y avait dans chaque tiroir des meubles d’un appartement (celui de ma mère) qu’il venait de découvrir depuis 24H seulement. Sans rien y laisser paraître il avait investigué les lieux, très naturellement, par automatisme, pour découvrir ce qu’il pouvait y avoir de nouveau et d’inconnu pour lui. Je m’en suis rendu compte lorsque j’ai dit le lendemain que je devais acheter de la colle, il m’a répondu « mais non, il y en a dans le deuxième tiroir de ce meuble », et puis lorsque je lui ai dit " je vais te montrer des photos de moi à ton âge" et qu’il m’a répondu " ah oui, je les ai vues, elles sont dans une boite en carton dans le dressing"…
Tout çà pour dire Claire, que si un jour, tu as la possibilité d’avoir accès à des affaires personnelles de ton fils 7, réfléchi bien avant de franchir le pas et de violer son intimité. Soit tu ne le fais pas, soit tu le fais sans qu’il n’en sache jamais rien (au moins il ne sera pas blessé, après ce sera juste une histoire de bonne conscience entre toi et…toi).

Quelle histoire…ben oui, c’est mon mode de communication…et encore, j’ai laissé de côté d’autres anecdotes pour ne pas faire trop long…une autre fois peut-être.

amicalement votre

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Bonjour à tous,

Merci beaucoup @Siete7mu d’avoir partagé avec nous sur ce sujet douloureux, je le prends comme un signe de confiance :hugs:

Désolée en tout cas d’avoir été le vecteur de la résurgence de cette souffrance.

Dans ma réponse précédente je n’avais pas voulu alourdir le texte par trop de détails, mais à la lecture de ta réponse je pense que c’est finalement nécessaire de te les partager.

Lors de la préparation du déménagement de mon fils, ce n’est pas vraiment « nous » (c’était un nous de 6 :relaxed:) qui avons fait cette trouvaille, c’est mon fils ainé 7 et son frère 6 qui ont retrouvé le cahier en question. De mon côté je m’affairais à faire les cartons, car nous étions pris par le temps, quand les deux loustics ont déboulés dans la pièce et se sont écriés « Regardes ce que nous avons trouvé, maman ! ». De là interruption du travail en cours et quelques moments émouvants…
Si j’ai mis des photos de ces deux passages, c’est que c’est moi qui ai conservé le cahier. Non pas à ma demande, mais parce que mon fils m’en a fait « cadeau ». Une fois l’interlude nostalgique fini, j’ai tendu le journal à mon fils mais il a refusé. Il m’a dit « Non gardes-le, c’est pour toi ». Encore de l’émotion… je lui ai pourtant demandé au moins à 5 ou 6 reprises « Tu es sur ? … Gardes-le ! ». Mais sa réponse a été négative à chaque fois.
Depuis je le conserve précieusement pour lui car je me dis qu’un jour il voudra peut-être le récupérer.

Si j’ai parlé de journal c’est parce que du point de vue de mon fils de 6 ans ça l’était. Objectivement c’est surtout un cahier où l’on trouve majoritairement des dessins, des exercices, et quelques très précieux passages où mon petit 7 de 5/6 ans s’essaye à la poésie (il y a un passage comme ça, malheureusement je n’arrive pas à le déchiffrer) ou bien couche ses impressions et émotions de petit enfant. Très rapidement il a utilisé d’autres supports et de ces supports je ne sais rien, si ce n’est ce qu’il a bien voulu m’en dire.

Je voudrais également dire qu’il m’arrive aussi de temps en temps de ne pas « voir » ou « lire » un texte pour ce qu’il est réellement mais d’halluciner négativement des mots ou de lui surajouter des inflexions ou des intentions qui ne sont en fait que les miennes (projection). C’est pourquoi j’ai pris l’habitude de relire si je ressens une émotion forte. Souvent à la deuxième lecture les transes ont eu le temps de se dissiper. De cette façon j’ai une vision plus juste du message. Je comprends donc le mécanisme en cause aussi rassures-toi, tu ne m’as pas blessée :slightly_smiling_face:

Très amicalement,

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Bonjour à tous,

Encore merci @Siete7mu, pour cette anecdote à la fois effroyable, plaisante à lire et surtout très éclairante pour moi qui me questionne sur la déconnexion du type 7 à sa figure nourricière.

Effectivement, je pourrais être tentée de le faire, l’indiscrétion est un des pôles de ma dichotomie. J’espère que ton anecdote m’aura suffisamment marquée pour me rappeler que c’est une très mauvaise idée, si je suis confrontée à cette situation un jour. Je pourrais toujours lui acheter un coffre-fort si besoin!

Très amicalement
Claire

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Bonjour à tous,

Voici quelques compléments sur les manifestations de l’ennéatype de mon fils.

Intempérance au parc

L’autre jour, j’ai pu observer à quel point la passion d’intempérance se manifestait à chaque fois que l’on allait au parc. Illustration : Mathieu veut faire du side-car à ressort sur lequel est déjà assis un enfant de son âge. Une minute après, il veut aller sur un autre jeu à ressort. Puis au tobogan. Puis à la fontaine à eau faire couler l’eau. Puis dans les escaliers. Pour finalement revenir au side-car à ressort sur lequel… L’enfant de son âge est resté pendant tout ce temps assis tranquillement à se balancer !

Régulièrement après une vingtaine de minutes à jouer au parc, Mathieu a pour habitude de se diriger en vélo vers… la sortie du parc! Et oui il y a encore plein de choses intéressantes à voir dans les ruelles adjacentes.

En vacances chez ma tante qui avait une super maison avec plein de jeux, une piscine et un jardin à parcourir, au bout de deux jours il m’a refait le coup classique : Il voulait absolument sortir par le portail pour voir ce qu’il y avait à l’extérieur !

Hiérarchie des centres

Je viens de passer une semaine avec un groupe d’amis et leurs enfants. Il y avait en plus de Mathieu (17 mois), un garçon de 19 mois et un autre de 15 mois. J’étais très impressionnée de constater que la hiérarchie des centres était parfaitement visible chez ces trois bébés ! Je ne côtoyais pas de bébés avant d’avoir Mathieu et je ne réalisais pas que c’était possible de typer facilement des bébés si jeunes. J’ai ainsi pu réaliser, en comparaison :

  • Que Mathieu avait probablement le centre émotionnel en support. En effet j’ai constaté qu’un des petits, comme les adultes qui répriment le centre émotionnel, n’avait quasiment aucune expression sur le visage. Qu’il soit en colère ou content, son visage était sensiblement identique. Mathieu au contraire, depuis très jeune, a un visage très expressif, avec une variation d’expression très fréquente, des immenses sourires, des sourcils qui remontent très hauts, qui se froncent, etc. Aussi, je trouve que les bébés qui répriment le centre émotionnel ont un côté moins attachant.
  • Que Mathieu réprime probablement le centre instinctif. J’attribue maintenant son agitation apparente à son centre mental orienté vers l’extérieur exclusivement. J’ai vu un vrai bébé instinctif, c’est vraiment le niveau supérieur en termes d’énergie ! Nous avons constaté que Mathieu était capable de marcher tout seul (il a " oublié " de réclamer les bras quelques fois). Cependant, il ne veut pas marcher tout seul et réclame constamment les bras d’adultes pour le promener et ainsi faire moins d’effort. Comme dirait une amie : " Mathieu a réussi à faire de ses parents ses esclaves, il est malin. " Au passage, on retrouve encore la théorie de Richard K. Moore, dont je me dis de plus en plus qu’elle est vraiment puissante !

Sinon, au sujet de la préférence pour le centre mental, j’ai noté :

  • Que contrairement à ce que je pensais, la passion de Mathieu pour les engins roulants et la mécanique n’est pas propre à tous les petits garçons de son âge ! Peut-être davantage un truc pour les mentaux préférés.
  • Que la peur de l’extérieure est présente. On m’avait déjà rapporté qu’il avait eu une phase de peur des autres enfants à la crèche. En vacances, les premiers jours, il avait clairement peur des bébés qui s’approchaient de lui, et les repoussait en pleurant. Je le soupçonne d’avoir progressivement décalé ses horaires de sieste pour profiter seul des adultes pendant que les autres dormaient !

Très amicalement,

Claire

Bonjour à tous,

Bonjour @Claire5, et merci de partager avec nous la suite du typage de ton petit 7 :hugs:

Voilà en effet qui est significatif. En plus d’être expressif et malgré son jeune âge, as-tu remarqué si Matthieu est réceptif, sensible à tes émotions et à celles des autres ?

Si je prends l’exemple de mon fils, je parlerais plutôt d’excitation. Très visible extérieurement, elle est bien évidemment une conséquence de l’ego du 7, mental tourné vers l’intérieur, orientation « Joie, optimisme », passion d’intempérance, fixation de planification…
L’objet intéressant extérieur (manège ou autre) est exploité pour générer du plaisir. Or l’ego du 7 le pousse à chercher toujours plus de plaisir. Autrement dit l’excitation a besoin d’être maintenue et son mental interne aide le 7 à trouver toujours plus de sujets d’excitation et de plaisir. D’où l’agitation apparente :relaxed:. Pour mon fils l’instinctif n’est clairement pas une source de plaisir, cependant il est capable de l’utiliser pour obtenir l’excitation recherchée.

:upside_down_face: C’est un classique que d’utiliser le centre préféré pour éviter d’utiliser le centre réprimé, et par exemple mettre les autres à contribution, merci pour cette jolie illustration.

He bien il semble que tu tiennes une hypothèse assez solide sur la hiérarchie des centres de ton petit Matthieu ! A valider avec le temps et les observations :slightly_smiling_face:

Maintenant que tu le dis, je me souviens qu’effectivement mon petit 7 mu demandait beaucoup les bras contrairement à son frère 6 mu. Lui, il suffisait de tourner la tête quelques secondes pour le voir cavaler à l’autre bout du square !

C’est vraiment étonnant de voir à quel point toutes les composantes de l’ennéatype sont là même chez de tous jeunes enfants et combien ils sont différents les uns des autres :heartpulse:

Très amicalement,