Travailler dans une entreprise de type 3

Bonjour à tous,

Je travaille depuis 2016 dans une entreprise qui existe depuis 2015. En réalité, en 2015, ce sont trois entités qui ont été fusionnées ensemble, et monsieur B. a été recruté comme directeur général.

Ennéatype de monsieur B.

Au départ, mon positionnement dans l’entreprise faisait que je côtoyais très peu monsieur B. Et de loin, j’hésitais entre un type 3 et un type 7. Il avait beaucoup d’humour et faisait des blagues à longueur de journée. Il était très intelligent, possédait un excellent relationnel et une très bonne compréhension humaine des gens. Avec le temps, j’ai été amenée à le côtoyer davantage et j’ai validé un type 3 de variante mu. Précision : Ne le connaissant pas dans sa vie personnelle, il n’est pas exclu qu’il soit en réalité de type 4, portant un masque 3 en entreprise. L’analyse qui va suivre concerne son type professionnel.

Centre émotionnel préféré : Monsieur B., la majorité du temps, a un centre émotionnel qui fonctionne extrêmement bien. Les gens qui le connaissent peu le trouve très sympathique. Il sait mettre les gens à l’aise, créer un lien émotionnel, les faire parler d’eux, se confier. Il se souvient bien des détails des intérêts personnels de chacun. Il exprime aussi bien ses propres émotions.

Dans certains contextes, ce centre préféré bascule, et Monsieur B. peut devenir extrêmement froid, et vous casser en deux la personne en face de lui.

Centre mental en support : Comme je l’ai dit, monsieur B. a énormément d’humour, un esprit extrêmement vif, et juge énormément les autres. Jugement en général sans appel (« C’est une bite ce type »). En général lorsqu’un problème que personne n’arrive à solutionner dans l’entreprise se présente, on se tourne alors vers monsieur B. qui suggère plein d’idées et de stratégies.

Centre instinctif réprimé : Difficile à voir, car monsieur B. est très sportif (vélo, golf, ski, etc.). On notera qu’il fait plutôt travailler les autres que lui-même, et qu’il semble s’être organisé pour ne pas avoir une charge de travail débordante au regard du poste qu’il occupe. Il a un côté paranoïaque qui fait penser à de la désintégration externe en 6.

Fixation de Vanité et Passion de mensonge : De nombreuse fois j’ai entendu Monsieur B. dire « J’ai travaillé dans ce domaine ». Il a tout fait, de la technique, du commercial, du service client. Comme l’homme extraordinaire, j’ai l’impression qu’il a eu plusieurs vies ! Toutes ces expériences lui permettent de s’adapter à son interlocuteur. Un jour par exemple, il a décidé de nous accompagner sur le terrain, et une prestataire extérieure était bluffée « Mais c’est un homme de terrain ! Il connaît vachement bien la technique ! Moi qui le prenais pour un technocrate en chemise ! ». Il repère très bien les tendances de société, les styles et valeurs de chacun, et s’y adapte. Par exemple un jour, il nous racontait qu’il avait dû candidater pour une municipalité écologique, du temps où il était commercial. Il avait adapté son discours et était venu présenter son offre en vélo !

Style de communication - Propagande - : Il est clairement l’un des meilleurs communicants que j’ai rencontrés. Il sait parfaitement convaincre n’importe qui d’atteindre ses objectifs, ne s’énerve que lorsque ça sert son objectif, sait flatter les gens. Une fois, un chef de service lui rapportait qu’il avait du mal à faire passer auprès du personnel une augmentation de charge de travail, due à l’agrandissement de notre territoire d’intervention. Monsieur B. était sidéré « Mais pourquoi, à aucun moment, vous ne leur avait parlé de notre valeur de service public !? C’est ce qu’il faut leur expliquer, nous rendons un service aux petites communes, c’est un élément du discours à avoir ! ».

Sous-type Sécurité-Accumulation : Clairement, Monsieur B. semble C++, j’ai pu constater sa phobie des microbes et sa vigilance extrême à l’occasion de l’épidémie de coronavirus. Il est matérialiste, et assume s’attribuer le dernier IPhone à la mode, pour ne pas avoir le même smartphone que le reste du personnel. Il a une grosse maison dans une ville réputée pour héberger essentiellement des gens aisés. Il a une montre connectée qui lui indique s’il a bien dormi.

Malheureusement, pour des raisons de confidentialité, je ne publierai pas sa photo. J’avais été frappée lorsque Fabien Chabreuil avait publié cette photo de Mao sur le forum Enné-agora : Monsieur B. c’est pareil, il a clairement quelque chose de féminin dans son visage. Il a aussi souvent les cheveux anormalement longs. Ces éléments font penser à l’instinct sexuel Masculinité/Féminité.

Incidence sur l’entreprise

C’est assez simple dans notre entreprise : Soit tu es bon et tu atteins les objectifs, et tu progresses plutôt vite, soit tu es mauvais et tu sors. Depuis 2016, nous avons je crois au moins trois personnes licenciées chaque année par monsieur B. Soit une vingtaine de personnes depuis son arrivée, sur un effectif de 150. Alors même que nous sommes une entreprise semi-publique où il n’y a pas de bénéfices à réaliser. C’est le côté émotionnel réprimé de monsieur B. Un jour, nos résultats sur les accidents du travail sont mauvais. Plusieurs stratégies sont essayées qui ne fonctionnent pas. Alors il nous dit qu’il faudrait trouver quelqu’un qui ne porte pas ses équipements de protection et le licencier pour marquer les esprits. Hop, un mois plus tard, un type qui ne portait pas son casque sur un chantier est licencié. L’autre jour, il était limite à nous dire qu’il aimerait trouver quelqu’un qui ne porte pas son masque sanitaire pour faire pareil ! Il faut dire que sur le sujet de l’épidémie de COVID par exemple, tous les moyens ont été déployés pour atteindre l’objectif, « zéro contamination au travail » : Nous avons toujours eu des masques jetables, nous avons été les premiers à avoir des masques en tissu, et régulièrement nous sont distribués des kits sanitaires individuels avec tout le nécessaire (lingettes désinfectantes, bombes désinfectantes de l’air, des surfaces, gel, stylets, etc.).

Depuis quatre ans, monsieur B. a très clairement modernisé les façons de travailler de nous tous. Le maître mot étant performance : Introduction des tableaux de bords, des indicateurs, des plans d’actions. Il a aussi fait beaucoup travailler les membres du CODIR sur la communication, a créé un journal interne et a rendu beaucoup plus sympathique notre rapport d’activité. Le personnel a été grandement remplacé et réduit, et quasi toutes les nouvelles recrues ont moins de 30 ans. Ça coute moins cher et c’est plus efficace !

Je crois que monsieur B., en quatre ans, a réussi à donner de nous une image de professionnels compétents aux yeux de nos clients et partenaires. Au prix d’instaurer une peu des sanctions auprès de certains membres du personnel.

Incidence sur moi-même

Il y a bien une chose qui me fascine : C’est la manière dont la culture d’une organisation à laquelle nous appartenons nous façonne ! Comme réaliser quand je suis à l’étranger, à quel point je passe parfois pour la « femme française de type 4 », ou comment, lorsque des entreprises fusionnent, on arrive, cinq plus tard, à repérer les membres de l’une ou de l’autre des anciennes structures ! Il y a un certain nombre de choses que j’ai acquis au fil des années à travailler dans cette structure :

Gestion du temps : J’étais nulle en gestion de mon temps auparavant. Je travaillais beaucoup et sans aucune stratégie. J’avais six mois dans l’entreprise quand Monsieur B., suite à une crise, m’a fixé un objectif très ambitieux, avec un délai très court. Lui rétorquant que je n’aurais jamais le temps, il m’a engueulé : « Quand on a peu de temps, on s’organise, c’est simple ! ». Monsieur B. revendique d’être lui-même un « fou de la gestion en mode projet ». Aujourd’hui, j’ai une gestion de mon temps de travail professionnel via Outlook, et j’ai tellement gagné en efficacité, que tous les jours à 16h, je rentre chez moi ! Un autre collègue nous a dit un jour que Monsieur B. lui avait appris à être à l’heure !

Prise de recul : Dans la boite où je travaille actuellement, j’ai appris la prise de recul. Il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions. Monsieur B., je l’appelle parfois « Monsieur méthodologie ». L’avantage c’est qu’à force de faire des REX, des plans d’amélioration, des plans de formations, des plans de communication etc., et bien ça roule plus facilement et il y a moins de stress ! D’un autre côté, je n’ai aucune confiance en Monsieur B., je sais qu’il peut être totalement machiavélique, et que du jour au lendemain, je peux être virée si ça sert ses intérêts. Je sais aussi que monsieur B. essaye depuis plusieurs mois d’organiser une délégation de pouvoir en matière de responsabilité pénale auprès des membres du CODIR, et que s’il arrive à ses fins, je devrais partir, ne souhaitant pas avoir cette délégation.

Communication : J’ai appris à filtrer mon discours. Et à dire aux autres ce qu’ils souhaitent entendre, tout en sauvegardant mes intérêts. J’ai aussi appris l’importance de la communication préventive auprès du personnel.

En point négatif, je note que mon travail à quelque chose d’ennuyeux. Finalement, faire le minimum pour être performant et le faire savoir, c’est assez basique. Il n’y a pas d’innovation (nous ne sommes pas une entreprise 7 ). On ne pousse pas la technicité (nous ne sommes pas une entreprise 5 ), il n’y a pas d’idéaux, etc.

Je remarque que monsieur B. a remarquablement su m’utiliser à bon escient. A chaque fois qu’il est venu me fixer un objectif ambitieux, ça concernait de la recherche, de la collecte, de l’analyse et de l’organisation d’informations techniques ! Et il savait me motiver en me flattant. Un peu comme s’il connaissait mon ennéatype 5 ! Par exemple, un jour, il vient m’annoncer une promotion, et ajouter une fonction à mon poste (rien n’est gratuit avec lui), car il a besoin de quelqu’un « qui travaille avec des données précises et chiffrées » car il trouve que ça pèche sur ce point dans l’entreprise. Récemment, il m’a demandé de représenter la société dans un « groupe d’expert » national sur un sujet sur lequel nous étions sollicités. Il est très malin car il devait placer quelqu’un et m’a « vendu » ça, comme si j’avais gagné un cadeau.

Très amicalement,
Claire

Bonjour à tous,

Hier, monsieur B. nous racontait qu’il a eu un grand discours avec les responsables d’un autre service, portant sur « la sémantique ». Il leur a expliqué qu’il ne fallait pas employer certains mots avec leur personnel, comme « rentabilité », « performance » ou « objectifs », car pour certains « ça les bloque ». Il a bien précisé quand même, que ça ne voulait pas dire qu’il ne fallait pas atteindre les objectifs. Si j’ai bien compris, il s’agissait de faire accepter au personnel un nouvel outil de gestion des plannings. Monsieur B. disait "vous vous rendez compte, ils leur ont parlé de « boucher les trous du planning ». Moi si on me dit qu’on veut me boucher un trou, je ne suis pas d’accord! Non, il faut parler de « sérénité », lié à la plannification du travail, car on ne vient pas rajouter des tâches à la dernières minutes, de « sens ». Il faut parler de « respect du travail ».

Faire de la propagande, sur son style de communication propagande :grin:. Trop forts ces 3!

Très amicalement,
Claire