Le 5 et l'utilisation extérieure du mental

Bonjour à tous !

Hier matin, je sors à la boulangerie pour m’acheter un petit déjeuner. Il y a quelques personnes dans la file d’attente, je fais donc la queue.

Il y a une personne juste devant moi, et il y a une dame juste devant cette personne.

À un moment donné, la personne juste devant moi se retourne et me demande si je peux lui garder sa place, pour s’absenter quelques secondes (littéralement).
Ma réaction a été : Oui, pas de problème,et j’enchaîne avec une pensée à voix haute : vous êtes derrière la dame qui est devant vous.

À ce moment, je perçois mentalement la position de la personne qui s’absente, et mon référentiel est extérieur : il est derrière la dame de devant et non pas devant moi !
J’aurais pu avoir moi-même comme référentiel et ne rien dire (il est évident que, puisqu’il me demande ça, il est devant moi), mais j’avais besoin d’un positionnement externe pour identifier sa place dans la queue.

Voici un exemple d’utilisation extérieure du mental !

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Bonjour à tous,

Et merci beaucoup @Patrick5 pour ce témoignage et l’observation fine qu’il a nécessité. :smiling_face_with_three_hearts:

C’est très intéressant. Je crois que je viens de comprendre ce qu’est la false-core du 5. Jusqu’à présent cela restait un peu mystérieux pour moi, je faisais plutôt le rapprochement avec la compulsion (évitement du vide intérieur).
Ce qui me frappe c’est que le référentiel externe du 5 induit une attention dirigée vers l’extérieur et donc peu de prise en compte du vécu intérieur… sans parler des émotions.
Tu ne t’inclus pas dans le tableau, comme si tu n’étais pas présent… pas vu, pas pris ! :see_no_evil:

J’y vois un lien évident avec la fixation de détachement mais aussi avec la false-core.

Voilà une observation que je trouve très éclairante :slightly_smiling_face:

Très amicalement,
Alice et le lapin

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C’est effectivement la False Core qui est bien présente à ce moment. Il y a besoin d’un référentiel extérieur, parce que le moi n’est pas.

D’ailleurs, je laisse la phrase précédente en l’état : il y a besoin d’un… plutôt que : j’ai besoin d’un… !

:sweat_smile:

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Et bien…j’aurais pensé pareil « Cette personne est derrière la dame qui est devant ». Je n’aurais pas pensé à me dire « Cette personne est devant moi »…Bah, ça me parait tellement logique de penser ainsi…

Merci Sot6.
Est-ce que tu arrives à relier cela à un mécanisme égotique de ton côté ?

J’y ai réfléchi, mais je sèche. Je suis comme ça, c’est tout ^^.

Bonjour à tous,

Voilà une réponse provocante à souhait :upside_down_face:. Sur ce forum nous nous interrogeons sur le pourquoi de nos comportements, y écrire « je suis comme ça, c’est tout ^^ » est donc une véritable invitation à la persécution :wink:

Blague à part, l’observation de soi, même si elle n’est pas forcément facile ou naturelle, peut s’apprendre et il existe des techniques pour la renforcer. Cela demande d’être présent à ce qui est vécu à l’instant T y compris et surtout à ce qui nous dérange. Regarder en face notre inconfort et y demeurer est pour moi une des clés du développement personnel. J’aime beaucoup cette phrase de Stephen Wolinsky extraite de son livre Ni ange ni démon :

Chacun de nous est responsable des mensonges qu’il élabore et se raconte à lui-même. Un vrai guerrier spirituel doit regarder ces mensonges, les reconnaître et les détruire. Or, cela demande beaucoup de courage.

@Patrick5 nous parle dans son témoignage d’une observation faite depuis son observateur intérieur, il s’est « chopé » en train de…

Comme le dit Fabien Chabreuil dans son Grand livre de l’ennéagramme :

« L’auto-observation consiste à observer avec curiosité tout ce qui se passe en soi »

C’est tout à fait ça.

La tentation ici serait de se lancer dans une réflexion théorique sur la question, d’y réfléchir… or il y a une grosse différence entre l’observation de son vécu intérieur dans l’instant et la réflexion théorique.

Personnellement j’ai commencé à réellement m’observer à partir du moment où j’ai tenu un journal de vie sur deux semaines. Le principe c’est d’y consigner les événements auxquels on réagit, nos actions, pensées, émotions.
J’ai consacré quelques minutes chaque soir à y relater ma journée pendant 15 jours. Or cet exercice m’a naturellement placée en position d’observation et a activé mon observateur intérieur. C’est comme ça que j’ai découvert mon ennéatype 6, j’ai observé en direct un moment de bascule :disappointed_relieved:. Sur le moment ce n’était pas agréable du tout, mais c’est cette prise de conscience qui a marqué pour moi le début d’un réel travail sur soi.

Sans observateur intérieur pas de prise de conscience et sans prise de conscience pas de possibilité de choisir.

Je profite de ce message pour souhaiter à toutes et à tous un super réveillon :champagne: et une très belle année 2020 :heartpulse:

Très amicalement,

Salut @Alice-et-le-lapin,

Je comprends. J’ai joué le jeu de m’observer sérieusement, mais la seule réponse qui m’est venu à l’esprit, malgré mes efforts était « je ne sais pas ». Je trouvais impoli de ne pas répondre à @Patrick5. Ma réponse, aussi pauvre soit-elle, était tout de même importante pour moi. Car quand on me pose une question, j’aime répondre.

Et bonnes fêtes à vous tous.

C’est déjà une réponse :wink: Puisque cela fait suite à une tentative d’observation. L’idéal sera de se surprendre en flagrant délit la prochaine fois qu’une situation similaire se produit!

Bonjour à tous,

Intéressant cet exemple. La situation est sans doute arrivé à chacun d’entre nous.

Pour ma part je réponds « d’accord vous étiez devant moi » (quand je suis bien luné, car parfois je réponds « non, je ne garde pas la place des autres, débrouillez-vous »)

En tant que 7, mon mental s’exerce vers l’intérieur, donc je situe cette personne par rapport à moi-même : elle est devant.
Et je réponds toujours au passé, car je visualise la scène où la personne va revenir, dans le futur, et je me dirai à son retour "elle « était » devant moi, donc c’est logique qu’elle y retourne maintenant ".
Et puis il me semble logique aussi que, si la situation change pendant son absence (la file d’attente avance plus vite que prévu - le tas de croissants diminue de façon critique - la boulangère annonce qu’elle ferme dans 2 minutes…), ma loyauté puisse changer également. Si « avant » je lui gardais sa place, il y a eu des éléments nouveaux dont elle n’a pas pu avoir connaissance puisqu’elle a décidé de partir, qui font que les règles ont changé.
Et puis comme j’ai cette croyance de ne devoir compter que sur moi-même, les personnes qui me sollicitent pour ce genre de petit service qu’il ne me viendrait même pas à l’esprit de demander à quelqu’un pour moi-même…çà m’agace…

Voilà pourquoi une fois sur deux je réponds « non ».
Ou alors, encore plus 7 : je regarde la personne fixement dans les yeux sans rien dire.
Si elle revient en me reprochant de ne pas lui avoir gardé la place je peux lui répondre tranquillement : je ne vous ai jamais dit que je gardais votre place…
amicalement

Siete 7mu