Ennéatype 2 et arrêt brutal des relations

Bonjour à tous,

Quand j’étais au collège, j’avais une très bonne amie, que j’ai cotoyé tous les jours, pendant des années. Quelques années plus tard, j’ai facilement identifié a posteriori, en découvrant l’ennéagramme, qu’elle était de type 2. Au lycée, nous nous sommes moins cotoyé, ayant chacune des groupes d’amis différents. Et puis un jour, elle a assez brutalement mis fin à nos échanges. J’ai appris, toujours bien plus tard, qu’il arrivait assez fréquemment que des 2 arrêtent ainsi des relations. Ca m’a quand même toujours laissée assez perplexe, triste et déçue.

Plus récemment, j’ai rencontrée des déboires un peu similaire, avec une « amie » de type 2 mu. « Heureusement » j’ai envie de dire, ce n’était pas une « super » amie, mais disons plutôt une connaissance, une amie d’amie, que j’ai connue il y a une quizaine d’année, au Lycée. Je la voyais environ une fois par an et nous échangions sur des groupes WhatsApp.

Récemment, une série de facteurs ont fait que je me suis imaginée, à tord, que notre relation allait changer :

  • Elle est revenue vivre en France et a acheté un appartement situé à dix minutes du miens,
  • Elle a eu un fils un peu plus jeune que le miens,
  • En septembre, son fils est allée dans une crèche située dans ma rue,
  • Elle et son compagnon se sont mis à avoir des valeurs que j’ai attribué à VERT : Réduction du temps de travail, écologie, projet de vivre en habitat partagé, etc.
  • Fin 2020, elle a obtenu un emploi dans un domaine qui m’intéresse énormément, lié à l’apprentissage

J’étais contente. Comme j’emmenais mon fils tous les jours après la crèche, dans des parcs situés entre nos domiciles et nos crèches, je me suis imaginé, qu’on allait se voir quotidiennement. Nos fils pourraient jouer ensemble, pendant que l’on discuterait apprentissage et autre! Bref, on allait former une petite « communauté » bien sympathique.

Mais non. Ca n’a pas été le cas. J’ai fait quelques tentatives, mais cette amie n’était pas très disponible. Ca m’a beaucoup travaillé. Je ne comprenais pas.

Heureusement, quand je me mets ainsi à ruminer, je finis par avoir le réflexe de sortir mes cours d’ennéagramme!! J’ai donc fait un processus de Pardon/ Résilience sur ce sujet.

Je croyais qu’elle avait complètement coupé la relation, mais en fait non, il lui arrive de proposer qu’on se voit, très sporadiquement. Je reste dubitative. Peut-être à cause de mon ennéatype 5, j’ai du mal à accepter de ne pas comprendre. Je l’ai peut-être idéalisée. Il faudrait peut-être que je fasse un deuil.

Qu’en pensez vous? Comprenez vous mon trouble? Avez vous des retours d’expérience ou des conseils? Voyez-vous chez moi une tâche aveugle?

Très amicalement,
Claire

bonjour Claire, pour que je comprenne bien. Ce besoin d’amitié était il un de tes besoin ou aussi le tien. Dans ce que je lis plus haut, on a l’impression que c’était ta demande mais on ne sait pas (où je ne lis pas bien) quelle est sa demande à elle. Peut être que le fait d’être dans la même rue et dans la même crêche n’est que fortuit et pas forcément dans l’intention de se rapprocher de toi ?

Bonjour Clothilde,

Le fait qu’elle habite à 10 minutes de chez moi, et que la crèche de son fils se situe dans la rue ou je vis, est bien fortuit. Je pensais que du fait de notre amitié, ce rapprochement fortuit allait nous amener, naturellement, à nous voir plus souvent. Mais à ma grande surprise, cela n’a pas été le cas.

Dans les conseils de communication avec le type 2, du stage de l’Institut Français de l’Ennéagramme, il est bien conseillé de déterminer la vraie nature de la relation avec le 2. Manifestement, je me suis trompée sur la nature de ma relation avec cette amie.

Je me demandais si d’autre personnes ici avait eu ce genre d’expériences avec une personne de type 2? Et si vous avez réussit à bien le vivre, comment avez-vous fait? Avez vous compris pour quelle raison, tout d’un coup vous n’intéressiez plus le 2?

Très amicalement,
Claire

Bonjour Claire,

De ce que j’ai pu vivre ou observer jusque là avec les 2, peut-être es-tu trop autonome pour elle ? J’ai vu plusieurs 2 couper une relation parce qu’elles ne se sentaient pas/plus utiles à l’autre, qui donc frustrait leur ego en n’ayant pas besoin d’aide. Elles se sont alors tournées vers des personnes qu’elles pouvaient abreuver de conseils et aides en tout genre. Pour pouvoir en retirer l’orgueil et le retour émotionnel.
Tu recherches avec elle une relation d’égale à égale, or souvent, les amies 2 (sous l’emprise de leur ego) que j’ai pu observer ont une posture de « coach ». J’ai pu le vivre encore hier.
Je suis allée prendre des photos d’une propriété pour une amie 2, elle avait besoin de mon aide donc. Or, elle a passé la journée à me « coacher ».
Je peux observer aussi cela chez ma fille cadette qui a 22 ans : elle ne voit presque plus certaines amies avec qui elle passait énormément de temps. Quand je m’en suis étonnée, elle m’a répondu « elles n’ont plus besoin de moi ». Elle s’est tournée vers de nouvelles amies qu’elle passe beaucoup de temps à… aider/coacher.

À tout bientôt,
Kayla

Bonjour à tous,

Je profite de ce message pour te souhaiter la bienvenue sur ce forum @Kayla, je suis ravie de t’y lire :slightly_smiling_face:

J’aimerais juste que tu précises quelque chose @Claire5, pour que je comprenne bien :sweat_smile:. J’ai cru comprendre qu’en fait elle continue à te voir, de temps en temps, et n’a pas coupé les ponts avec toi.

Dirais-tu que votre relation est restée inchangée ?

Dans ce cas peut-être que c’est ta perception à toi qui a changé et l’écart entre ce que tu avais anticipé et la réalité t’a fait mal. Du coup tu serais principalement déçue, ce que je comprends parfaitement.

Pour moi il semble clair que tu t’es investie d’une manière différente que ton amie dans cette relation. Tu as fait des corrélations entre les circonstances, emménagement dans ton quartier, naissance de son fils et un renforcement de votre relation. Tu voulais en savoir plus sur son nouveau travail et tu t’es sentie attirée par ce que tu percevais comme un changement de niveau d’existence.

Dans tous les cas, un traitement de deuil devrait effectivement te faire du bien, ainsi qu’un travail sur les transes qui t’on fait t’imaginer ce rapprochement.

Les espoirs déçus s’est dur :disappointed: mais on peut travailler dessus :heartpulse:

Très amicalement,

Bonjour à tous,

Je suis contente @Kayla, de te retrouver sur ce forum! Je me suis posé en quelque sorte cette question, en relisant mes notes de stage. Je me suis rendue compte que je lui avais proposé de se joindre, elle et son fils, à une activité (aller au parc) que je fais dans tous les cas. En quelque sorte, elle pourrait percevoir que je n’ai pas besoin d’elle, car qu’elle soit là ou pas, cela ne change pas mon programme. Peut-être que ça l’aurait vexée :thinking:.

En première approche, je dirais que notre relation s’est dégradée. Mais tu as raison de poser la question, car si je réfléchie un peu plus, objectivement, notre relation est en fait plutôt restée inchangée…

Oui, il faut que je m’y mette. Cette technique du deuil est clairement celle que je maitrise le moins (alors que je pratique beaucoup et commence à avoir une bonne maîtrise du processus de Pardon/ Résilience). En fait j’ai partiellement fait la phase A de la technique, mais je dois la renforcer avec la phase B. Il faut que je projette dans le futur ces symboles de cette expérience potentielle que j’ai perdue et que je souhaite retrouver.

Merci pour votre aide!
Très amicalement,
Claire

Bonjour à tous,

Je vais citer mon grand maître spirituel Fabien Chabreuil :smile: :

Quelqu’un qui déclenche une réaction chez nous nous fait un cadeau (involontaire, mais qu’importe). Il nous donne l’occasion d’apprendre et de progresser […]. Et le bénéfice de cela rejaillit sur d’autres contextes de notre vie, indépendants de cette relation.

Je dois dire que dans cette histoire avec cette amie 2 mu, j’en suis venue à être plus agacée par le fait que cette histoire m’obsède, plutôt que par le fait de ne pas la voir! Je viens seulement de relier cette obsession à mon ennéatype! Je ne sais pas si l’idée est juste, mais je viens de me remémorer le domaine du type 5 : les interactions sociales (et les systèmes de communication). Le domaine d’Oscar Ichazo est bien censé être une préoccupation constante du type, toujours présente en toile de fond. Le moins que l’on puisse dire c’est que je suis préoccupée par cette histoire (je n’ai pas encore réussi le lâcher prise). J’aimerais être dans la sociabilité et l’intimité avec cette amie - qui sont des pôles de la dichotomie du 5 - mais je n’y arrive pas.

Bref, ca ne m’avance pas dans le lâcher prise, mais c’est toujours l’impression d’une petite satisfaction intellectuelle de prise :smile:.

Très amicalement,
Claire

Bonjour Claire,

Donc si je comprends bien, le travail de deuil à faire n’est pas vraiment sur la relation idéalisée mais plutôt sur le fait de comprendre la relation en question ? :upside_down_face:

Cela me parle, c’est le domaine de mon aile principale et effectivement c’est plus douloureux encore de ne pas réussir à expliquer/comprendre.

Bien à toi, à vous,
Kayla

Bonjour à tous,

Merci @Claire5 pour cette citation de notre grand maître à tous :slightly_smiling_face:, c’est tout à fait ça.

J’ai, je l’avoue :upside_down_face:, d’autres grands maîtres. Je vais en citer deux, pour le plaisir et parce que cela ajoute quelques nuances.

La présence à l’inconfort qui mène à la prise de conscience et à l’essence selon Don Richard Riso et Ross Hudson [1] :

We must be willing to be uncomfortable for a while if we wish to be released from whatever has bound us.

C’est à dire (traduction libre) :

Nous devons être prêts à rester dans l’inconfort pendant un certain temps si nous voulons être libérés de ce qui nous a pu nous lier.

Le « un certain temps » est à méditer je trouve.

Et puis l’esprit du guerrier selon Stephen Wolinsky [2]:

Chacun de nous est responsable des mensonges qu’il élabore et se raconte à lui-même. Un vrai guerrier spirituel doit regarder ces mensonges, les reconnaître et les détruire. Or, cela demande beaucoup de courage.

Voilà qui parle à la 6 que je suis. Je t’encourage à rester dans cette « préoccupation » dont tu parles, à l’accueillir sans la juger, pour t’en libérer par la prise de conscience des mécanismes sous-jacents.

De mon côté je te remercie pour tes dernières précisions, cela m’a fait prendre conscience qu’il y avait certainement dans ma réponse précédente une part de projection associative.

La période que nous vivons actuellement est, pour ma part, une occasion en or d’expérimenter de l’inconfort à différents niveaux :sweat_smile:. Il me reste à nous souhaiter d’apprendre et de progresser individuellement et collectivement !

Très amicalement,


  1. Don Richard Riso et Ross Hudson, Understanding the Enneagram, Boston, Mariner Books, 2020, p. 361. ↩︎

  2. Stephen Wolinsky, Ni ange ni démon, Montréal, Éditeur Le jour, 1996, p. 158. ↩︎

Bonjour à tous,

Je n’y avais même pas pensé… mais oui il y a de ça! Je dois lâcher prise sur le fait de ne pas comprendre. D’ailleurs ça a finalement peut-être marché… J’ai relu pas mal de chose sur le type 2, et finalement je crois avoir compris! Il me semble que cette amie est dans une forme de co-dépendance vis à vis de son conjoint (un 3 de variante mu je crois). C’est lui qui mène tous leurs projets de vie. Depuis un an, avec mon propre conjoint (qui n’est pourtant pas un fin psychologue), on perçoit une incongruence entre les projets extraordinaires affichés par le couple (enfin par le 3 surtout), et la réaction sans enthousiasme de cette amie 2. J’ai l’impression de percevoir chez cette amie, un état contrepassionnel, voir une désintégration externe en 4.
J’imagine que je me suis faite « piégée » par mon côté trop analytique : On me dit que ça va bien, on me le démontre par A+B, alors c’est que ça va bien! Même si émotionnellement ce n’est pas ce que je ressens.

Merci @Alice-et-le-lapin pour ces citations que je n’avais pas du tout en tête! Elles me rappelent qu’entre la voie du Fakir et celle du Magicien, j’ai plutôt tendance à tomber dans le piège de la « baguette magique »!

Très amicalement,
Claire

Bonjour @Claire5,

Je ne sais pas si ta situation a évolué depuis mars… :two_hearts: Je te le souhaite.

Je vis une situation qui se rapproche de la tienne : une personne que j’aime profondément (qui n’est pas 2) a mis fin à nos échanges depuis plusieurs années (malgré mes multiples tentatives de reconnexion). Je te partage à toutes fins utiles comment je le vis et ce qui m’aide.

J’en profite pour vous remercier pour vos apports dans cette discussion. Et je serais curieuse de découvrir votre technique de traitement du deuil car elle pourrait m’aider. :pray:

  1. Comment je le vis ?
    Ça dépend des jours ! :blush:

Dans les moments où je me sens épanouie et remplie par mon propre chemin, même si je rêve d’une reconnexion entre-nous, je vois la justesse de la situation. Nous avons chacun notre propre chemin et notre propre timing pour évoluer. C’est en mettant le focus sur moi que je vais me libérer et rayonner mon essence.

Malgré cette conscience, je traverse encore des moments difficiles. Comme hier où, dans un moment d’abandon, des larmes coulaient sur mes joues. « J’ai tellement peur de ne jamais le revoir. » ai-je chuchoté à mon ami.

Et ça résonne avec Wolinksi : false core driver « I am alone » (je suis seule), greatest fear « being shunned » (être rejetée)… Voilà, c’est ça que cette personne m’aide à dépasser en me le faisant vivre encore et encore. :woman_shrugging:

  1. Ce qui m’aide :
  • Avoir listé les 100 avantages à la situation telle qu’elle est aujourd’hui jusqu’à en ressentir de la gratitude (permet d’unifier nos polarités en équilibrant le mental qui a tendance à voir uniquement le côté positif ou négatif d’une situation).

  • Avoir pris conscience de mes rôles dans la dynamique relationnelle. Dans « Surmonter les conflits relationnels le cœur en paix », Colette Portelance identifie 10 profils relationnels : fuyant/abandonnique, inférieur/supérieur, envahissant/envahi, juge/coupable, manipulateur/manipulé. Comme pour les ennéatypes, ces profils ont chacun leurs peurs, leurs blessures, et leurs mécanismes de défense. L’issue ? La même que pour se libérer de ses compulsions dans l’ennéagramme : 1- prendre conscience de son/ses profils 2- emprunter le chemin de libération… Cela va dans le sens de la citation de Fabien Chabreuil : l’autre nous fait un cadeau en nous révélant nos mécanismes comportementaux et nous montre ce que nous avons encore à libérer.

  • Me donner de la douceur, du temps et de l’amour là où j’en suis aujourd’hui parce que même si je suis consciente de ce qui se joue, je n’arrive pas à m’en libérer et fais sans cesse des tentatives de reconnexion…

Pour mieux comprendre l’autre côté de la relation, tu peux aussi demander (sur ce forum ou ailleurs) s’il y a des personnes qui vivent la dynamique inverse et partager avec eux ! :wink:

Belle continuation :relaxed:

Bonjour à tous,

@Christelle

Un des risques peut résider dans une croyance qu’une connexion est encore possible.
Est-ce que tu peux identifier et déconstruire les transes hypnotiques qui pourraient aller dans ce sens-là ?
Tant qu’une telle croyance est là, cela risque d’être un blocage qui continuera à te relancer des régressions en âge ou autres transes.

Pour en revenir au sujet initial :
@Claire5

Je lis effectivement du détachement émotionnel dans ces mots. La passion d’avarice n’est peut-être pas très loin derrière ?

Puisqu’on en est à citer des grands maîtres :innocent: j’ajoute une réflexion (pas de citation verbatim, désolé!) issue de Russ Hudson : est-ce que tu peux arriver dans un tel moment à ressentir physiquement la passion d’« avarice du coeur » ?
Est-ce qu’elle ressemble à une tentative de protection d’un coeur émotionnel perçu comme étant trop fragile et fugace pour se permettre de s’y connecter et s’y ouvrir ? Un peu comme se sentir comme une tortue sans carapace.
Et en allant plus loin :
Et en restant connecté à cette sensation, est-ce que tu peux enlever l’étiquette et voir ce qu’il se passe. A cet instant, comment est perçue l’incompréhension du comportement du 2 ?

Très amicalement,
Patrick

Merci beaucoup @Patrick5 pour cette réflexion.
Transes hypnotiques identifiées :white_check_mark:
Je me demande en quoi cette croyance génèrerait plus de risques qu’une autre (son opposé ?).
Après réflexion, je crois que la croyance la plus aidante pour moi est que la connexion ne se perd jamais totalement malgré l’arrêt des relations. (Qu’en penses-tu @Claire5 :wink: ?)
Bien à vous,
Christelle

Bonjour Christelle,

Il s’agit d’une question de dépendance : tu peux revoir l’étape 2 du processus de résilience et la dépendance que cela génère (j’éviterai d’entrer dans les détails de son contenu étant donné que son contenu est exclusivement fourni en stage des Chabreuil et n’est pas disponible publiquement).
Ceci me semble être une étape non gérée dans le cas que tu décris.
Le risque est donc de patauger et de rester sans fin dans une boucle émotionnelle.
Cette étape est dure mais ne peut pas être sautée. Tu pourrais observer combien l’ego souhaite de toutes ses forces éviter cette confrontation.

Bien à toi,
Patrick5